Transjurassienne: les résultats de l'édition 2015

C'est dans une température de -5à -10°C que s'est déroulée cette année la Transjurassienne, rendue difficile par une bise de nord sensible et une neige peu glissante qui ont ralenti tous les concurrents. Mais la neige était là en abondance. Philippe nous raconte sa course ...

 

 

transju

 

Les résultats des membres du club ici 

Transjurassienne 2015

Bien qu’on ne résume pas une Transjurassienne, Germinal m’a gentiment demandé un petit compte rendu.

Cette année la « Trans » comme disent les jurassiens a officiellement rajeuni de 8 kilomètres : Adieu les 76 ! Ça tombe bien pour nous tous, dont les années s’amoncellent inexorablement.

La température est de -15° au départ, le vent annoncé 20km/h du nord-est (donc pleine face pour ceux qui ne connaissent pas). Pas de vent au départ, c’est déjà ça, mais la neige, très froide semble peu glissante. Notre cher Ambassadeur Robert Bresson est interviewé sur la ligne de départ: il transmet à la caméra France Comté sa passion pour la course (il les a toutes faites).

Au départ mon voisin de gauche (casaque jaune) à qui j’avais pourtant souhaité bonne course, chute au deuxième planté de cannes (le stress du départ...), je l’évite en le contournant élégamment sur la gauche, surtout restons calme, et rejoins promptement mon voisin de droite initial qui n’est autre que notre cher Eric Bouvat. Ça part très vite, ça respire fort, ça crisse sur la neige froide, ça chauffe doucement, mais on est des diesel, on a le temps.

Petit test de glisse comme chaque année à la bosse après les premières granges à gauche : mauvaise pioche, les autres vont plus vite, il faudra faire avec jusqu’au bout.

Au passage des téléskis de la Serra, la neige est déjà bien décompactée, semoule.

Une plaque de neige marron : un gars fait le grand écart et s’aplatit par terre. Ça monte un peu, nous sommes une masse grégaire, mouvante, ondulante, bigarrée, agile et rapide nous sommes beaux quoi...dans les premiers faux-plats montant, une casaque jaune chute pile devant moi, nouvelle esquive élégante pour éviter de casser son bâton blanc qu’il a entre mes jambes, j’évite la chute ainsi qu’ à Eric qui était dans mes skis, du coup il prend le large et je ne le verrai malheureusement plus, le fart sans aucun doute. A la sortie de Prémanon, je me trouve lent, les premiers deuxième-ligne me passent à la sortie des bois, je m’alimente préventivement, ressaisissons nous. Puis passent Jean-Marc et Gilbert (casaques bleues assorties) qui m’accompagnent un bout. Visiblement on va au même endroit, on passe des bosses, on vire, on passe les bois, on est dans le vent...Avant les Rousses je m’endors un peu, les cloches de la montée de l’opticien me réveillent, en haut le vent s’est vraiment levé, je ne ferai rien tout seul, organisons-nous, jouons collectif, cachons nous de la bise noire.

La petite Sibérie est froide mais on a chaud, le soleil brille, c’est très beau, mais Bois d’Amont est encore très loin.

Deux filles me doublent en bas du Risoux : Hélène et Charlène d’après la foule, je reste un peu avec elles pour bénéficier des encouragements, ça fait passer la montée. Sur le plat du Risoux, plus de vent, on skie vraiment, ça glisse mieux, le plaisir revient. J’aperçois de nouveau Jean Marc, je fais l’effort pour revenir, coucou Jean-Marc ! -Tiens t’es revenu ! Je traine un peu trop au relais de Bellefontaine, Jean-Marc est reparti, tout est à refaire. Je fais équipe avec une casaque blanche et lui fixe l’objectif de remonter la casaque bleue. Objectif atteint : re-coucou mamac. C’est déjà la Chapelle des Bois puis la combe des Cives qui nous lessive : le vent a forci et nous avons déforci. Un jurassien qui m’accompagne et qui prend des relais se fait engueuler par son directeur sportif en voiture sur la route, il lui intime l’ordre de se recacher derrière moi. Ok mais 5 minutes.  La côte de Pré Poncet nous délivre du vent mais non du mal, mais c’est déjà ça, on se dit qu’on ira au bout. La grosse bosse au bout de la longue ligne droite fait vraiment mal aux jambes. La descente vers Chaux Neuve est un gâchis : mauvaise glisse. A Chaux Neuve le vent reprend, on est vraiment à découvert sur la crête, un gruppetto me rattrape, je fais l’effort surhumain de m’y intégrer. On est progressivement emmené par une fille au style merveilleux, elle est plus puissante, se détache, on ne la reverra plus. On reste groupé. Petite Chaux, de nouveau la forêt, plus de vent, ça frotte un peu dans le peloton on est combatifs, on ressort du bois, tempête ; un allemand bonnet rouge jaune noir tente une attaque mais son geste est maladroit il trébuche et tombe, je l’évite élégamment comme il se doit, et pars en poursuite d’une casaque jaune que j’ai côtoyé ces cinquante derniers kilomètres, on est en vue des banderoles, je me dis qu’après le virage à angle droit, le vent sera enfin pour nous. Je force pour ne pas me faire doubler dans la dernière ligne droite, on a des objectifs comme ça..

A l’entrée des lignes de sprint, je me retourne pour la première fois, puis je passe enfin sous la banderole d’arrivée, serein. Mémorisation du chronomètre. C’est fini.

Tout va bien, tout fait mal.

Une première dame de l’arrivée m’ôte la puce (du dossard), une autre me passe une médaille avec des étiquettes autour du cou. Plus à penser, se laisser guider dans les barrières. Après le verre de thé sous la tente,  je me dirige vers le vestiaire qui me parait beaucoup plus loin que l’année dernière, l’eau des douches est plus froide.

Nous serons 2500, hommes et femmes, à avoir fait Lamoura-Mouthe aujourd’hui.

Bravo Mouthe !

Benjamin Millereau a gagné au sprint devant Thibault Mondon et Adrien Mougel.

Chez les dames, victoire d’Aurelie Dabudyk, devant Rahel Imoberdorf (suisse) et Klara Moravkova (Tchéquie)

Merci aux bénévoles, bravo aux concurrents, Merci au club de saint Egrève pour l’organisation du bazar, la bonne humeur dans le car et à l’hébergement..

On verra à l’automne prochain si on se réinscrit...Robert c’est sûr, Sénateur oblige !

Philippe

 

Copyright